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Soumaya Naamane Guessous, une femme nourricière

Portrait chinois par Mohamed Aswab


Avec les sociologues, -des scientifiques spécialistes de l'étude des êtres humains dans leur environnement- il ne faut surtout pas jouer au “Portrait chinois” ! Voilà une petite conclusion tirée de l'interview réalisée avec Mme Soumaya Naamane Guessous, pour livrer aux fidèles lecteurs de BAB le “portrait chinois” du numéro 9. Sollicitée pour un petit échange, elle a répondu en près de 1300 mots ! Tout a été dit dans cette réponse, longue mais agréable à lire. Celle qui a creusé, “Au-delà de toute pudeur”, au fin fond de la société marocaine pour mieux la connaître, sait mieux parler d'elle-même qu'autrui. Difficile de dire plus, si ce n'est pour synthétiser ce qu'elle a “bellement” dit.
Portant un regard perçant et profond sur le monde qui l'entoure et sur son identité de femme marocaine et africaine -Et fière de l'être-, Mme Naamane Guessous incarne cette figure nourricière. La diva de la chanson arabe, Oum Keltoum -Le sens de la maîtrise en même temps que la fragilité dans la voix, l'artiste-peintre Chaïbiya Tala -L'art naïf et l'âme juvénile- et la reine amazighe Kahina -La cheffe, l'ancêtre, la visionnaire et la guerrière-, sont autant de figures auxquelles notre sociologue s'identifie forcément.
En s'inspirant de toutes ces personnalités historiques, Mme Naamane Guessous a pu rassembler ses forces de femme pour briser les chaînes des tabous de la société et contribuer, avec les moyens dont elle dispose, à l'émancipation de ses concitoyens et concitoyennes, captifs de réflexes et représentations archaïques.


En paroles et en écrits, notre sociologue puise dans la géographie, l'histoire, le terroir  et la culture, les nôtres, pour mieux concilier l'héritage et la modernité, tout en promettant l'espoir, la renaissance et le renouveau perpétuel qu'incarne le printemps, sa saison bien aimée. D'ailleurs, pour Mme Naamane Guessous, tout est amour. Sur les 1300 mots, sa réponse, pas un seul mot ou expression négatifs ! Tout est beauté. Livre préféré: “Taouk El Hamama” (Le collier de la colombe) d’Ibn Hazm, “un hymne à l’amour, l’un des plus beaux traités sur l’amour”, dit-elle. Endroit préféré: Tanger avec son cap Spartel, “lieu où l’Atlantique et la Méditerranée s’enlacent, tels des amoureux luttant avec force pour maintenir leur union menacée par des courants opposés”.
Côté langage, c’est avec la Darija (dialecte) qu'elle aime s'exprimer, car c'est dans ses signes vocaux qu'elle dit avoir appris “à aimer et à exprimer l’affection, l’amour, l’amitié, la beauté, l’émoi, la gratitude (...)”. Mme Naamane Guessous voit la vie en rose, mais elle reste consciente du gris, avec toutes ses nuances, et le point du doigt. Et c'est-là où réside son combat dans ce bas monde.

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