Sports urbains: ça bouge dans la rue !

Par Taoufik Saoulaji
Sports de rue ©MAP/EPA
Sports de rue ©MAP/EPA
Les rues et les parcs sont leur terrain de jeu, les passants sont leur public. Eux, ce sont les amateurs du Skateboard, Roller, Parkour et autres sports urbains. Longtemps marginalisée, cette pratique entre sport et loisir gagne en visibilité et est en passe d’être réglementée. Du chemin reste pourtant à parcourir pour professionnaliser la pratique de ces sports.
Les sports urbains, appelés également “sports de rue”, ont connu ces dernières années un remarquable développement, sans pour autant atteindre le niveau auquel aspirent ses pratiquants. Et ce, à cause de l'absence d'espaces dédiés à ce loisir, considéré par les jeunes comme un moyen d'expression, d'émancipation et d’épanouissement personnel.
Certaines disciplines de sports urbains tels que le Skateboard, le Roller, la Trottinette et même le Parkour, ont commencé à attirer les jeunes marocains qui ont fait des parcs et des rues leurs espaces de pratique afin de révéler leur potentiel et profiter de leur temps libre. Cependant, certains parents rejettent ces pratiques sportives pour les risques qu'elles représentent pour leurs enfants.
Le Parkour ou le “Freerunning”, qui est devenu l'un des sports urbains dont la popularité augmente de jour en jour au Maroc à l’instar de nombreux pays du monde, prend pour espace de pratique les murs ou n’importe quel environnement de la ville, à savoir les bâtiments, les trottoirs ou les escaliers.
“L’art du déplacement” est un sport physique non compétitif qui consiste à se déplacer librement sur n'importe quelle surface et à surmonter les obstacles en utilisant uniquement les capacités physiques en courant, sautant, grimpant et rampant, ainsi que tout autre mouvement requis par la situation.

De l’amateurisme au professionnalisme
Mounir El Messari, vice-président de la Fédération royale marocaine des sports urbains, affirme, dans une déclaration à BAB, que la fédération avait à cœur, depuis sa création en 2017, de réglementer les sports urbains et de leur donner un caractère sportif après qu'ils aient été pratiqués de manière aléatoire.
Les sports urbains sont appelés dans de nombreux pays les “sports de rue”, ce qui est erroné selon M. El Messari qui indique que la fédération a d'abord pris l'initiative de changer la perception de nombreuses personnes concernant ce type de sport et de les sensibiliser au fait que ses activités ne sont pas différentes des autres disciplines.
Tout en saluant les efforts consentis par l'Initiative nationale pour le développement humain à cet égard, le responsable ajoute que la fédération a essayé de donner un nouvel élan aux sports urbains en ouvrant la porte aux jeunes pour qu'ils puissent pratiquer leur passion de manière rationnelle et légale dans les espaces publics et les parcs à travers la création de plusieurs terrains de proximité.
Ces espaces, en particulier ceux dédiés au skateboard, sont considérés par certains comme des parcs ouverts au public, ce qui cause de grands dégâts aux équipements en place.
A cet effet, la fédération a demandé aux autorités compétentes de lui permettre de gérer ces terrains et d'assurer l'encadrement des jeunes qui veulent s’adonner à cette discipline, précise M. El Messari.
Par ailleurs, le vice-président de la FRMSU souligne que les médias doivent participer à la sensibilisation sur l'importance de ces sports et de les faire connaître afin de leur donner une plus grande visibilité au Maroc, ajoutant que la fédération a fait des réseaux sociaux son support médiatique pour rapprocher les jeunes de ce sport, ouvrant la porte à toutes les personnes talentueuses pour participer aux différentes compétitions continentales et internationales.

À la recherche des jeunes talents
Il a ainsi expliqué que l'adoption du skateboard en tant que sport olympique a rendu impératif pour la fédération de préparer les champions marocains en vue de représenter le Maroc aux Jeux Olympiques prévus en 2021 à Tokyo dans cette catégorie, en attendant l'approbation des autres sports comme le Freestyle et le Parkour. A cet effet, poursuit M. El Messari, la Fédération a lancé plusieurs opérations de prospection dans les régions du Maroc qui ont abouti à la découverte de nombreux jeunes talents issus notamment de M'Hamid El Ghizlane, Laâyoune, Taza, Taroudant.
En l'absence d'espaces spécifiques pour la pratique de ces sports urbains dans toutes les régions, une plateforme mobile a été mise en place dans les villes visitées par le convoi afin de faciliter l'opération de prospection de ces talents et leur permettre de démontrer leurs potentiels sans se déplacer vers d'autres villes.
À cet égard, la Fédération a décidé de former des commissions pour visiter les villes où les associations concernées par ces sports sont présentes et ce, dans le but de les sensibiliser à la nécessité d'adhérer et de respecter la loi n°30-09 relative à l'éducation physique et aux sports, et de conclure un accord avec le Centre national des sports Moulay Rachid à Maâmoura, pour former des entraîneurs.
La Fédération a également noué des partenariats avec des établissements d'enseignement pour élargir la base de pratique et encourager les élèves à s'initier aux sports urbains afin de préparer dès le plus jeune âge des talents capables de représenter le Maroc aux Jeux Olympiques de Paris 2024.
L'instance fédérale a signé un accord de partenariat avec l'Association officielle des fans du FC Barcelone à Casablanca visant à élargir la base des pratiquants de ce type de sports et les faire bénéficier d'ateliers et de formations dans les différents événements organisés par les deux instances.

Une discipline qui prétend à l’international
Par ailleurs, le Maroc a organisé, dans le cadre de la promotion de la pratique des sports urbains, le premier championnat de parkour, qui a permis la découverte de nombreux talents qui ont bénéficié d'un stage supervisé par le président de la Fédération internationale.
S'agissant du freestyle football, l'équipe nationale a participé au Championnat international de Prague, où elle a occupé un rang très honorable. La sélection a également pris part au Championnat du monde à Toulouse, dans lequel elle s'est classée à la sixième place sur 90 pays participants.
D'autre part, avec la suspension des activités sportives en raison de la pandémie du coronavirus, la Fédération a organisé une visioconférence sous le thème “Contre la pandémie du Covid-19” en partenariat avec les fédérations continentales des sports urbains, la Fédération internationale de Skate et celle de Parkour.
L'objectif de cet événement virtuel africain, qui a connu la participation de plus de 380 athlètes de 14 pays africains, était de jeter la lumière sur les cinq disciplines des sports urbains à savoir le parkour, le freestyle football, le skate, les rollers et la trottinette. Dans le cadre des efforts déployés par la FRMSU pour élargir son champ d'action, l'instance fédérale a été certifiée par la Fédération internationale des sports d'obstacles (FISO) pour promouvoir, superviser et diriger toutes les activités de courses d’obstacles (hommes et femmes) dans le Royaume.