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Un exode en quête de l’illusoire

Par Bouchra Fadel
La couverture du roman “Loin de Fès dispersés”
La couverture du roman “Loin de Fès dispersés”
“Loin de Fés dispersés” est un roman profond et sensiblement élaboré qui retrace des contours douloureux ainsi que des enjeux politiques sournois.

Francine Kahn, dans son ouvrage “Loin de Fès dispersés”, relate l’histoire de l’exode des juifs marocains dans les années 50 et 60. Des incidents anti-juifs se sont multipliés créant une panique au sein de la population du Mellah.  
Le roman est une narration poignante où s’exprime avec emphase le déchirement d’une famille juive marocaine acculée à quitter sa terre natale vers l’étranger… inconnu et hostile .
Issus de la famille Assayag  qui vivait à Fès depuis des temps séculaires, Mordechaï, un bijoutier du Mellah et son épouse Sarah qui ont eu cinq enfants (Maurice, Myriam, Ruben, Raphaël et Fortune) auront connu et subi ces retournements de l’Histoire. Dans ce roman, il est fait un rappel judicieux quant aux relations des juifs avec leurs concitoyens musulmans qui étaient “si harmonieuses”.
Sauf que juste après l’indépendance du Maroc, des émissaires de “l’Agence juive” laissèrent entendre au sein de la communauté juive “que dans un pays arabe les juifs (...) couraient un grave danger”. L’auteur cède la parole, à ses personnages, dispersés par l’exil et qui, tour à tour, racontent leurs peines, leurs désillusions, leurs idéaux perdus et la nostalgie qu’ils peinent à affronter ou subir. La perte de la terre natale pour une terre promise illusoire constitue le cœur sensible de cette épreuve qu’aura traversée cette famille juive marocaine.
Le roman ne manque pas de rendre compte, somme toute, de cet attachement aux origines et de cette relation particulière qu’entretenaient les juifs marocains avec le Maroc, leur pays natal.

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