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Un hologramme de Bouteflika, une idée à creuser !

Adil Zaari Jabiri


Le succès de la technique de l’hologramme dans l’univers du spectacle n’est plus à démontrer. Cette illusion d’optique, adaptée tout récemment à la politique lors d’un meeting électoral en France et qui a permis à Jean Luc Mélenchon et à ses colistiers de se dédoubler, fait sensation.
Les exploits de cette découverte, qui a rendu possible l’ubiquité humaine dans les représentations scéniques, semblent échapper à l’oligarchie au pouvoir en Algérie qui veut à tout prix garder Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la république, malgré son invalidité, pour continuer à siphonner les richesses du pays.
L’hologramme leur permettrait donc de prolonger à souhait la durée de vie du Raiss, scénariser même ses apparitions posthumes, voire le rajeunir de 40 ans s’ils le veulent pour un mandat ad vitam aeternam. Le régime politique algérien porterait désormais le nom de “République holographique et virtuelle de l’Algérie populaire”, oui populaire parce que ce procédé inédit pourrait inspirer les rares dictatures présidentielles qui se maintiennent et veulent perpétuer leur règne.
Avec ça, l’Algérie aura fini avec les modes de gouvernance “old school” qui veulent qu’un régime républicain reste otage des urnes, ou encore donner du crédit à ce qu’écrit cette presse subversive “qui manque de respect aux dirigeants et cherche à déstabiliser le pays (sic)”.
En Algérie, on va réinventer la politique, l’État de droit, l’alternance au pouvoir, les droits de l’Homme et on jettera par-dessus bord tout ce que l’on a appris jusque-là comme concepts anachroniques et inutiles comme la séparation des pouvoirs, le suffrage universel, l’expression de la volonté populaire etc. On gardera Bouteflika et rien que Bouteflika même sur un fauteuil roulant. Oui, on veut le voir comme ça, affaibli, dévitalisé, anéanti et ça ne regarde personne !
Voilà l’image que donne aujourd’hui l’Algérie au monde: Une économie à l’agonie, une manne pétrolière transformée en bauge de gloutons sans scrupules, un régime qui a érigé la prédation et l’opportunisme en doctrine politique et qui échappe à toute analyse rationnelle de ce qui explique le maintien au pouvoir d’un homme malade, qui a perdu ses capacités mentales et physiques et se porte quand même candidat à l’âge de 81 ans pour un cinquième mandat.
Absence de perspective, cynisme politique ou je-m’en-foutisme, la léthargie impudemment entretenue par le système Bouteflika renforce le fossé abyssal entre la base et le sommet et scelle la rupture définitive avec une jeunesse désespérée prise en otage par les caciques du Front de libération nationale. Désastreux pour l’Algérie, cet immobilisme mortel ne laisse pas indifférente la communauté internationale, qui, après l’annonce de la candidature du clan Bouteflika, s’inquiète pour l’avenir de ce pays et craint la grogne de sa jeunesse qui assiste, passive, aux rares activités de son président à travers des images rafistolées au montage sur la télévision, en attendant… l’hologramme !