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Un pacte pour la dignité

La Marche de l'Empereur par Rachid Mamouni


Le “Pacte de Marrakech”, adopté par l’écrasante majorité des pays membres de l’Organisation des Nations Unies à l’occasion de la Conférence intergouvernementale pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, est un texte certes non contraignant, mais moralement et humainement imposable aux parties signataires.
Le Pacte est une profession de foi internationale pour faire de la mobilité humaine une opportunité de développement dans le respect de la dignité.
L’acte de migrer à la recherche d’une vie meilleure ne devrait pas être synonyme de perte de dignité. Au contraire, il doit être célébré comme un acte de courage et d’ambition légitime. On ne devient pas moins homme, ou moins femme, en traversant une frontière.
Les principes énoncés dans le Pacte de Marrakech insistent, bien évidemment ,sur l’impératif de préserver la dignité des migrants et sur l’intangibilité de leur humanité. Ils mettent en avant aussi le droit des États de sauvegarder leur souveraineté et la sécurité de leur territoire.
C’est un équilibre nécessaire qui met au grand jour l’approche solidaire et humaine sous-tendant le texte adopté à Marrakech.
L’histoire se rappellera, pour la postérité, que c’est à Marrakech, en terre marocaine fière et hospitalière, que ce Pacte historique à été scellé. Une terre, jadis d’émigration, devenue en quelques années un espace de transit et de destination des migrations,  venues d’Afrique principalement. Elle retiendra aussi que la réaction du Royaume face à cette nouvelle donne s’est traduite par un engagement volontaire et “une politique, humaniste dans sa philosophie, globale dans son contenu, pragmatique dans sa méthode et responsable dans sa démarche”.
La régularisation de 80.000 migrants en plusieurs vagues et leur intégration dans les systèmes de santé, d’éducation et d’emploi sont les parties visibles de cette approche humaniste et volontariste pour un phénomène global et irréversible.
Cette vision prospective du Royaume, déclinée en actions concrètes, a amené les partenaires du Maroc au sein de l’Union Africaine à lui confier le statut de “Leader” en matière migratoire.  Et c’est ce leadership qui lui a permis de soumettre et faire adopter, début 2018 par l’UA, l’Agenda Africain pour la migration, un document continental qui est en symbiose parfaite avec le Pacte de Marrakech, tant au niveau de ses objectifs qu’en ce qui concerne sa mise en œuvre.
Les deux documents, l’un élaboré par le Maroc et l’autre adopté au Maroc, laissent percer une lueur d’espoir pour les millions de migrants dans le monde, afin que leur dignité soit saine et sauve. Et que l’approche du tout sécuritaire, brandie par une minorité de pays qui ont choisi de se mettre au ban des Nations et au travers de la marche de l’histoire, est synonyme d’une cécité politique flagrante, doublée d’une vision court-termiste qui ne survivra pas à ses adeptes.