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Un rendez-vous avec l’histoire

Mohammed Rida Braim


Le message était clair et direct. Un message plein de réalisme et de bonne volonté celui que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a adressé à l’Algérie pour un “dialogue franc” dans le but de dépasser les différends qui entravent le développement des relations des deux pays, donc deux peuples, frères et voisins, liés pourtant par un destin commun.

Une nouvelle page s’apprête donc à s’ouvrir pour donner un souffle nouveau aux relations maroco-algériennes, qui malheureusement dans l’état actuel des choses, “échappent à la normalité” et défient toutes les affinités, aussi fortes soient-elles, qui lient les peuples marocains et algériens.

Le Discours royal à l’occasion du 43ème anniversaire de la glorieuse Marche Verte restera certainement gravé dans l’histoire comme celui du réalisme et de la responsabilité d’un Maroc qui a toujours été le premier à tendre la main et à avancer des initiatives à l’adresse de son voisin de l’Est, pour des relations bilatérales normales et une Union maghrébine forte et épanouie. La balle est à présent dans le camp des autorités algériennes pour faire preuve de bonne volonté et d’esprit de responsabilité envers l’avenir de la région, en saisissant l’opportunité de plus offerte par l’appel de Rabat. Le Maroc et l’Algérie, étant les deux grands pays du Maghreb, une région homogène certes, mais déchirée et tiraillée par les différends politiques et les desseins peu clairs, portés par des milieux obscurs dans les arcanes du pouvoir algérien.

Avec l’appel franc et direct de Rabat, Alger est désormais devant ses responsabilités envers son propre peuple, mais également envers les peuples de tout le Maghreb. Elle a un rendez- vous avec l’histoire qu’il ne faut surtout pas rater..., encore une fois.
Il est temps que les autorités algériennes comprennent que des relations normales, voire fortes, et pourquoi pas d’exception, avec le Maroc sont le prélude à l’intégration d’une région qui brandit malheureusement le triste record d’une des régions les moins intégrées de la planète.

Le coût socio-économique du non-Maghreb n’est plus à démontrer. Nombreuses sont les études qui ont mis l’accent sur cette question, soulignant que les pays qui forment ce groupement sous-régional, tant attendu par les peuples, sont complémentaires à plus d’un titre, ce qui facilite en principe toute action d’intégration, mais encore faut-il avoir la volonté politique. Cette volonté politique a toujours été manifestée par le Maroc. Les propos clairs et directs du Souverain viennent encore une fois attester cette réalité et consacrer la politique de la main tendue du Royaume envers son voisin de l’Est.

Des propos qui vont au-delà d’une simple déclaration d’usage éphémère pour toucher au concret en appelant, haut et fort, à la mise en place d’un “mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation”. Il n’y a pas plus clair et plus concret que de faire une telle proposition, qui se veut un engagement du Maroc et une preuve de plus de son sérieux dans le traitement de cette question des relations avec l’Algérie.

Mus par l’affection et l’estime que nous portons à l’Algérie, à sa direction et à son peuple, nous ne ménagerons aucun effort, au Maroc, pour asseoir nos relations bilatérales sur de solides bases de confiance, de solidarité et de bon voisinage, inspirés en cela par la parole de Notre Aïeul, paix et salut sur lui : “Jibril m’a tellement recommandé d’être bienveillant envers mes voisins que j’ai failli croire qu’il allait en faire mes propres héritiers’’, disait le Souverain dans son discours à l’occasion du 43ème anniversaire de la Marche verte