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Virginia Gamba: Enfants en paix, le combat d’une femme

Par Naoufal Enhari
Virginia Gamba, représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés ©MAP/EPA
Virginia Gamba, représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés ©MAP/EPA
Virginia Gamba a été nommée en 2017 Représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés. Une mission qu’elle accomplit avec engagement, du haut de ses trente ans d’expérience dans le traitement des questions relatives à la paix.

S’il y a un poste des plus importants au sein du système onusien pour la défense et la protection des enfants à travers le monde, Virginia Gamba en est le titulaire. Nommée en 2017 Représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés avec rang de Secrétaire générale adjointe, Mme Gamba hérite, en effet, d’une mission hautement importante au sein de l’architecture des Nations Unies. Un mandat pour protéger les dizaines de milliers d’enfants affectés chaque année par les guerres et les conflits armés dans le monde. Une noble tâche que Virginia Gamba est entrain d’accomplir avec dévouement et engagement, du haut de ses plus de 30 ans d’expérience et de leadership sur les questions relatives au désarmement, à la paix et à la sécurité humaine, notamment au sein du système onusien. Et pour cause, le rapport annuel de l’ONU sur les enfants et les conflits armés montre que les violations à l’encontre des droits de l’enfant dans le monde sont en hausse.
“Le dernier rapport, qui couvre l’année 2017, a montré que ces violations sont en augmentation, soit quelque 6.000 cas de plus que l’année d’avant, avec un total de plus de 21.000 violations vérifiées”, précise Virginia Gamba dans un entretien à “BAB”.
“Et ceci n’est que la partie visible de l’iceberg”, s’alarme celle qui était également directrice du Bureau des affaires de désarmement de l’ONU. Ceci étant, Mme Gamba affirme voir de l’espoir dans le récent engagement témoigné par la communauté internationale face à ce fléau, notamment suite à l’adoption à l’unanimité d’une résolution à cet égard par le Conseil de sécurité en juillet dernier. Résolution qui fut co-sponsorisée par 98 États membres des Nations Unies, une première de l’histoire du Conseil de sécurité, s’est-elle réjouie.

Un mandat de protection élargi
La Résolution 2427 stipule, en effet, que le mandat des Nations-Unies sera, pour la première fois, non seulement d’œuvrer à la protection des enfants dans les conflits armés mais aussi de prévenir les violences qu’ils pourraient subir dans l’avenir.
Aussi, cette résolution établit un lien direct entre le besoin de soutien et d’intégration des enfants liés ou présumés liés à des groupes armés, et l’agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable.
Car selon Mme Gamba, cet agenda, qui repose sur l’idée de “ne laisser personne derrière”, reconnaît que parmi les catégories d’enfants les plus vulnérables figurent les enfants anciens soldats, recrutés de force ou maltraités dans le cadre de conflits armés. “Donc, je pense que nous disposons de plusieurs éléments nouveaux dans cette résolution qui permettront d’aider à réduire le nombre de violations que nous observons chaque année”, s’est félicitée la responsable onusienne.
Selon elle, autre point positif constaté dans le rapport de cette année est le fait que les Nations Unies ont pu, pour la première fois, négocier un nombre de libérations d’enfants soldats supérieur à celui des enfants recrutés comme soldats dans le monde.
“Il y avait, en 2017, 8.000 cas avérés d’enfants soldats recrutés, contre 10.000 autres vérifiés libérés”. “Si nous continuons à ce rythme, nous serons en mesure d’éliminer le problème de recrutement à l’horizon 2030”, a conclu Mme Virginia Gamba.

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