Yousra Bouhmouch : Visage d’ange, âme de guerrière

Par Mohamed Amine Harmach
Jonglant avec deux casquettes, de comédienne et d'assistante-réalisatrice, Yousra se fraye son chemin d'artiste prometteuse ©MAP/Hamza Mehimdate
Jonglant avec deux casquettes, de comédienne et d'assistante-réalisatrice, Yousra se fraye son chemin d'artiste prometteuse ©MAP/Hamza Mehimdate
Talentueuse, jeune, belle, bien formée et parlant plusieurs langues...Yousra Bouhmouch a plus d’un tour dans son sac pour se faire une place dans le monde tortueux du cinéma et de la télévision. Enchaînant en une année rôles au petit et grand écran, Yousra voit son étoile monter, doucement mais sûrement. La preuve qu’on ne naît pas actrice, mais qu’on le devient… à la force du poignet.

 

Ce visage juvénile, les Marocains l'ont découvert pour la première fois sur le petit écran pendant Ramadan 2019 dans “Rdat El Walida”, une série à succès réalisée d'une main de maître par Zakia Tahiri et servie par un scénario bien ficelé.
Yousra Bouhmouch y incarnait le rôle de Leila, une jeune épouse naïve, calme et dévouée jusqu’à l’effacement. En vérité, ce rôle contraste avec le tempérament de feu de Yousra Bouhmouch, elle dont le débit de parole rapide dénote une forte personnalité qui n'hésite pas, une soif de réussite et une vision claire par rapport au métier qu’elle veut exercer.
Pour ce personnage, la comédienne avait pris du poids afin d'apparaître un peu plus âgée et inspirer une certaine générosité. Elle avait travaillé sa posture, le mouvement de ses mains, celui de ses yeux, sa voix, son accent…

Le talent, ça se travaille !

Derrière ce regard angélique, se cache une fougue, un être sensible mais difficile à saisir, en quête à la fois d’évasion continue, d’illusions et de rêves, mais également d'expériences enrichissantes, de connaissance et d'ancrage.
Quoi de mieux donc que la magie de l’art, la grâce du théâtre et les fantaisies du cinéma pour l’accompagner et assouvir son ambition? Quoi de mieux que la famille des acteurs, comédiens et intermittents du spectacle, et celle, plus grande encore, des spectateurs, pour l’accueillir à bras-le-corps, l’adopter, lui prodiguer cette reconnaissance qu’elle oeuvre tant à acquérir ?
Yousra Bouhmouch a fait ses choix: vivre plusieurs vies, camper plusieurs rôles, incarner autant de personnages que possible, et surtout les plus éloignés de ce qu’elle est. Pour ce faire, elle n’a pas hésité à se donner les moyens en suivant une formation professionnelle de deux années (2013-2015) pour acteurs à l’École du Jeu à Paris.
Elle a aussi décroché un diplôme d'adjointe à la réalisation d'œuvres cinématographiques et audiovisuelles à l’École supérieure d’études cinématographiques à Paris (2016-
2018).
Aspirant à atteindre un jour l’international, elle n'a pas hésité à prendre des cours intensifs d’anglais à Londres en 2015 afin de maîtriser la langue de Shakespeare.  
Et en une année de carrière dans le milieu artistique marocain, elle a su à pas sûrs défendre son talent.

Doublage, cinéma et TV: un démarrage sur les chapeaux de roue

Il faut dire qu’elle est bien consciente des contraintes du domaine au Maroc liées en particulier au manque de moyens et de temps. Un contexte qui peut souvent handicaper nos acteurs appelés dans certaines conditions difficiles à mettre la main à la pâte pour la réussite d’un projet: ramener leur costume, ajuster un maquillage, rectifier un dialogue ou même un scénario...
Autant de raisons qui font que notre jeune actrice tente de gérer sa carrière et protéger son image avec intelligence et en optant pour des projets prometteurs, menés de manière professionnelle et en exigeant d’être rétribuée à sa juste valeur.

Le succès s’arrache, ne se donne pas !

Autre apparition dans la télé, dans la mini-série “Al Madani” réalisée par Youssef Britel et diffusée sur Al Aoula.
On la voit dans la peau de Ytto, la sœur du personnage principal. Il s’agit là de l’une des premières expériences de Yousra qui avait, pour pouvoir décrocher son premier rôle, démarché avec énergie (via Internet et les réseaux sociaux, c'est ainsi que procède la nouvelle génération.) plein de contacts envoyant ses deux CV de comédienne et d'assistante réalisatrice assortis de ses photos au regard troublant et insistant. Car elle savait ce qu'elle voulait après la fin de ses études en France: démarrer sa carrière au Maroc, au lieu de s'acharner à vouloir s'introduire dans un milieu artistique français très fermé qui donne difficilement leur chance aux jeunes.
Elle a ainsi pris part à divers projets au Maroc. On cite, entre autres projets, le doublage de la version française du film “Adam” de Maryam Touzani, la participation en tant que deuxième assistante réalisatrice au long-métrage “Otage” de Mehdi El Khaoudi où elle a aussi campé le rôle d'une
Yazidie.
C'est ainsi que Yousra cumule petit à petit les expériences. Tout est occasion d'apprendre, d'apprivoiser son image, pour la jeune comédienne  qui avait à ses débuts du mal à se regarder sur l'écran cherchant constamment à parfaire son jeu.
Aujourd'hui donc, fidèle à sa stratégie, elle continue à étoffer son éventail et prendre peu à peu de l'assurance promettant de faire surgir, derrière cette apparence de sage muse, les flammes de sa passion. Vous êtes prévenus !

 

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