Zenith El Primero, l’innovation au zénith

Par Zineb Bouazzaoui
Zenith El Primero ©DR
Zenith El Primero ©DR
Dans l’industrie horlogère, quelques business de famille donnent naissance à des empires, tantôt grâce à un savoir-faire légendaire tantôt grâce à une persévérance poussant l’innovation à son zénith. C’est le cas du calibre de légende El Primero de Zenith.

Présentée pour la première fois en 1969, la montre Zenith El Primero est devenue une icône horlogère reconnue pour son excellence, sa précision et son savoir-faire. Mouvement gagnant d’une trilogie de mouvements de chronographe automatique ayant révolutionné le marché horloger dans les années 70, il s’agit du dernier calibre à personnalité unique encore produit à l’heure d’aujourd’hui.

Zenith El Primero est considérée comme un véritable morceau d’histoire en perpétuelle évolution ayant connu de nombreuses améliorations notamment grâce à la réindustrialisation du mouvement en 1987 sous la référence Calibre 400. Ce mouvement a intégré différentes technologies modernes puis a connu une évolution remarquable au fil des années.

 

Une personnalité unique et un mécanisme hors pair

La Zenith El Primero met en scène le mouvement le plus célèbre de toute l’histoire des montres grâce à une dégaine ultra-technique, un charme ténébreux et un mouvement conçu et manufacturé par Zenith, qui a contribué à la reconnaissance de la marque partout sur la planète.

Sa spécificité réside dans la cadence du balancier qui bat au rythme de 10 alternances par seconde, quand la grande majorité des garde-temps en effectue 8. La régularité de la montre s’en voit augmentée, le nombre plus élevé des oscillations réduisant les écarts de marche dus aux éléments extérieurs (chocs ou gravité terrestre). C’est également le calibre de série qui affiche la plus grande précision.

Malgré cette haute fréquence, les concepteurs de la Zenith El Primero sont parvenus à intégrer une réserve de marche de plus de 50 heures, alors même que le doublement de la fréquence avec maintien en parallèle de la même inertie du balancier requiert un besoin en énergie multiplié par 8.

 

El Primero Tourbillon, le modèle mythique

Le tourbillon est associé à un mouvement de légende - le chronographe automatique El Primero, qui bat à la haute fréquence de 36.000 alternances par heure. L'architecture du garde-temps affiche une asymétrie distinctive, avec le tourbillon à 11h. Il effectue une rotation par minute et se présente avec une petite seconde et un dispositif de date breveté, s’affichant au moyen d’un disque placé en périphérie de la cage. 

Le boîtier de 45mm avec des versions en or rose ou en acier inoxydable, étanche à 100 mètres, est rehaussé d’une couronne de remontoir cannelée et de deux poussoirs ronds de style vintage. La glace en saphir bombée, traitée antireflets sur ses deux faces, optimise la lecture du cadran blanc ou noir laqué, ponctué d’index, d’aiguilles “glaive” facettés luminescents et d'une fine trotteuse du chronographe ornée de l’emblème étoilé de Zenith. Le fond en saphir laisse voir le mouvement à remontage automatique El Primero et sa masse oscillante en or décorée de “Côtes de Genève”.

Plus qu’un simple artefact battant la mesure du temps, chaque El Primero est une véritable œuvre d’art, l’expression de nombreux talents et le reflet d’une solide tradition horlogère.

 

La renaissance

En 1975, le groupe américain Zenith Radio Corporation, propriétaire de la marque, prend la décision de se concentrer sur la production des montres à quartz, ce qui a condamné la Zenith El Primero à disparaître.

Charles Vermot, un responsable d’atelier, se rebelle contre l’abandon d’un siècle de tradition. Il a donc dissimulé les machines et les pièces servant à la production de la montre El Primero, tout en mettant sur le papier le processus de fabrication dans l’hypothèse d’un regain d’intérêt.

Hypothèse confirmée neuf ans plus tard, lorsque les machines et les outils sauvés par Vermot reprennent leur place et recommencent à produire des mouvements Zenith que les grandes marques d’horlogerie s’empressent de commander.

 

El Primero cartonne et renaît de ses cendres, sachant qu’elle n’a jamais quitté réellement les cœurs des amateurs de montres au firmament de l’art horloger.